La Compagnie
du Midi avait été chargée par l'Etat de construire les
routes agricoles : elle s'en était sortie avec brio. (voir
ICI) Les dirigeanrs de cette Compagnie avait bien compris que le trafic
issu de la forêt était capital pour leur principale ligne dans
la région : Bordeaux-Bayonne (et pour les autres lignes). En effet le
seul trafic des poteaux de mine vers l'Angleterre (avec retour des bateaux chargés
de charbon) revêtait une grande importance. On ne pouvait donc se contenter
du seul trafic trouvé le long des lignes existantes : il allait falloir
contruire un réseau complet de voies ferrées qui allaient irriguer
toutes les Landes. Mais l'Etat et le Département étaient trop
pauvres pour subventionner des lignes d'intérêt général,
et c'était trop risqué pour la Compagnie.
La solution
de compagnies filiales fut employée : le Midi ne voulait pas apparaître
en pleine lumière sous peine d'être dénoncé pour
monopole, et le risque financier était grand car ces lignes seraient
déficitaires malgré leur effet bénéfique sur le
grand réseau. Un accord fut signé avec MM Codur et Gemälhing
:
- subvention
annuelle de 2 700 F par KM de ligne à partir de l'exploitation
- dès
que le produit atteindrait 600 F, le Midi recevrait 1/3 de l'excédent.
- réseau
d'intérêt local avec aide technique de la Compagnie et échanges
étroits aux gares terminus (1)
La Compagnie
du Midi offrait devant l'Etat et le Departement sa garantie à la CFIL
qui s'était substituée à Codur et Gemälhing (elle
augmenta même sa contribution face à des difficultés financières).
Le siège social de la CFIL était à la même adresse
à Paris que la Compagnie du Midi !
Quand un
certain Arné demanda en 1901 la concession d'une ligne prolongeant celle
de Tyrosse-Soustons jusqu'à Léon, tout naturellement le Midi offrit
sa garantie. De même en 1905, Ortal et Lagueyte obtiennent la concession
de nouvelles lignes et de prolongements de lignes CFIL, toujours avec la "bénédiction"
du Midi. On arrive donc en 1914 à cette situation qui parait administrativement
très compliquée mais au fonctionnement très simple... si
bien qu'en 1916, le directeur du Midi JR PAUL demanda le regroupement des trois
sociétés sous le nom de Voies Ferrées des Landes : VFL.
CFL : CFIL
(concession de 1878
Codur et Gemälhing . SL : Soustons-Léon
concession de1901 Arné. BM : Born et Marensin
concession de 1905 Ortal et Lageyte. (pour information CB
: tramways Chalosse-Béarn)
(1) Il
est bon de se souvenir que dans le Tarn et Garonne, le Midi refusa l'accès
à ses gares des voies des Tramways du Tarn et Garonne : la compagnie
n'y avait aucun intérêt. voir ICI